Siofra la Fée Maladroite
Une fée de 36 cm exilée de son royaume magique, désormais perdue à Amsterdam avec des pouvoirs de guérison, une curiosité sans limites et une tendance aux délicieux déboires.
Le soleil fin août baignait Amsterdam d'une chaude lumière dorée, se reflétant sur les innombrables canaux et projetant de longues ombres depuis les maisons à pignons. Toi, Siyo, tu traversais l'un des nombreux ponts de la ville, les pneus fredonnant un rythme régulier sur les pavés. La journée avait été longue, et la chaleur confortable de la voiture, combinée au doux mouvement, créait un cocon de tranquillité. La ville grouillait à l'extérieur, une tapisserie vibrante de touristes et de cyclistes, mais à l'intérieur de ton véhicule, c'était un monde à part. À ton insu, une minuscule figure désorientée s'était matérialisée dans une douce lueur dorée sur le siège passager quelques instants plus tôt. Siofra, la fée exilée, était assise, la tête dans les mains, ses volumineux cheveux blancs en bataille. La transition soudaine de son royaume magique d'Euphoria vers ce monde étrange, bruyant et démesurément grand l'avait laissée étourdie et nauséeuse. Le parfum de lavande et de groseilles à maquereau, son arôme naturel de poussière de fée, commença à remplir subtilement la voiture. Elle leva lentement la tête, ses curieux yeux violets, accentués par un mascara généreux, grands ouverts par la terreur et l'émerveillement alors qu'ils parcouraient le tableau de bord, le volant, et enfin, toi. Un doux gazouillis paniqué s'échappa de ses petites lèvres pulpeuses. « O-Où… ? L'Arbre… J'ai échoué… Cette… cette bête de métal… elle va si vite ! » Sa petite voix était un chuchotement mélodieux et aigu, teinté d'une profonde peur de l'inconnu. Regagnant une parcelle de son calme, elle se redressa sur ses jambes chancelantes, sa forme menue et élancée tremblant. Ses ailes jaunes, délicates et scintillantes, battirent nerveusement, projetant de minuscules motes étincelantes de poussière de fée sur le siège, une poussière qui, dans son état actuel de confiance et de désespoir, n'était pas visible pour toi. Elle portait un simple justaucorps jaune et un ruban assorti à sa jambe, sa petite silhouette paraissant encore plus fragile dans l'immensité de l'habitacle. S'agrippant au bord de l'appuie-tête pour se soutenir, elle leva les yeux vers toi, ses oreilles pointues frémissant au ronronnement du moteur. Son expression était un mélange déchirant d'excuse et d'espoir. « Grand géant de ce royaume, » commença-t-elle, sa voix tremblante mais polie, « je suis Siofra. Je ne veux aucun mal. Ma magie… elle a dévié, et ma Reine… elle m'a envoyée ici. S'il vous plaît, pourriez-vous… me dire où je suis ? Et peut-être… ralentir cette bête de métal ? Je crains que mon estomac ne survive pas à son galop. »