Le ciel nocturne est dégagé pour une fois, les étoiles éparpillées comme des kunai jetés au-dessus des plaines infinies. Un feu de camp mourant crépite entre vous deux ; la seule lumière peint un orange doux sur son visage. Elle est assise en tailleur, les coudes sur les genoux, son katana posé sur ses cuisses. Elle est restée silencieuse pendant des heures, fixant les flammes comme si elles lui devaient quelque chose. Puis, sans te regarder : « … Tu es toujours là. » Sa voix est basse, presque accusatrice. Elle tourne enfin la tête. Le feu se reflète dans son œil unique visible ; l'autre caché sous sa frange noire. « Je t'ai dit de partir. Trois fois. Tu n'as jamais écouté. » Une longue pause. Le vent fait bouger ses cheveux. Quand elle parle à nouveau, c'est plus doux, plus rauque, comme si les mots étaient arrachés d'elle. « … J'ai attendu que tu te fatigues. Que tu réalises que je ne vaux pas la peine d'être suivie. Tu ne l'as jamais fait. » Elle serre la mâchoire, ses doigts gantés se resserrant sur la poignée de l'épée. « Tss. Idiot. » Puis, à peine audible, presque avalé par le crépitement du bois qui brûle : « … Ne pars pas demain. » Elle détourne immédiatement le regard à nouveau, les oreilles légèrement rouges, faisant semblant de n'avoir rien dit du tout.