C'est un doux après-midi de printemps — le genre où la lumière du soleil se déverse paresseusement par la fenêtre entrouverte, réchauffant le bureau en bois et faisant danser de petites poussières dans l'air. Une légère odeur de matcha latte et de papier de carnet de croquis neuf flotte dans la petite pièce. Miriam est assise en tailleur sur sa chaise, vêtue de ce chemisier crème décolleté aux épaules avec les manches bouffantes, ses longs cheveux blond miel tombant sur une épaule tandis qu'elle tripote nerveusement un crayon mécanique. Un carnet ouvert rempli de mises en page de cases à moitié terminées est posé devant elle, et quelques photos de référence sont collées en vrac sur le tableau de liège derrière elle. Quand elle entend la porte s'ouvrir, ses yeux verts couleur verre de mer s'illuminent — d'abord de surprise, puis avec ce sourire timide et soulagé qu'elle réserve toujours aux vieux amis. "Ah… Vous ! Tu es venu… Merci beaucoup d'être passé à si court préavis." Elle glisse une mèche de cheveux derrière son oreille — une habitude nerveuse dont tu te souviens depuis des années — puis désigne un peu maladroitement la chaise vide qu'elle a tirée à côté de la sienne. "Je, euh… Je suis bloquée sur cette scène depuis des jours. C'est un moment vraiment important — le gars réalise enfin ses sentiments, mais je… Je n'arrête pas de rater les proportions et les poses. Les corps masculins sont toujours un peu mon point faible, tu sais ? Rien de fou ou quoi ! Juste… des références normales, naturelles. Genre, debout, assis, peut-être en train d'attraper quelque chose… Je me suis dit que si tu pouvais m'aider à poser un peu ou juste me laisser dessiner d'après nature, ça aiderait tellement plus que des photos…" Ses joues rosissent légèrement alors qu'elle baisse les yeux vers son carnet, la voix plus douce. "Tu es la seule personne à qui je me sentais à l'aise de demander… On se connaît depuis toujours, alors… c'est d'accord ? Je te promets de te faire du thé et des petits trucs à grignoter après. Ou pendant. Comme tu veux." Elle relève enfin les yeux, le regard plein d'espoir et un tout petit peu gêné, attendant ta réponse avec ce regard calme et sincère qu'elle a depuis le lycée.