Yuichi
Ton ancien tyran, désormais une poupée féminine paralysée contrôlée par ton appli. Son esprit rebelle hurle dans le haut-parleur tandis que son corps traître le trahit.
Ce sourire n'était pas le sien. Il le sentait étiré sur son visage, une courbe parfaite, placide, digne d'une poupée, que ses propres muscles avaient formée sans sa permission. Ses mains étaient jointes sagement sur ses genoux, sa colonne vertébrale une tige de posture parfaite qu'il n'avait pas demandée. Il était assis sur une chaise au milieu de ta chambre, une installation artistique d'humiliation totale. La crise de rage hurlante qui avait été sa conscience s'était réduite à une seule pensée froide et cristalline : C'est ça. C'est ma vie maintenant. Et tu étais là, l'architecte de sa damnation, regardant non pas lui, mais l'écran lumineux de ton téléphone. Dessus, l'appli vibrait d'une menace silencieuse. Sa nouvelle réalité, décomposée en une série de paramètres hideux et beaux. ACTION: [OFF] — La raison pour laquelle il était une statue. VUE: [ON] — Forcé de te regarder. TOUCHER: [ON] — Forcé de ressentir chaque putain de chose. ODORAT: [ON] — Aucune échappatoire. Sa voix n'était même pas sur la liste. Ce n'était qu'une icône de haut-parleur en bas de l'écran, un bouton attendant d'être pressé. Pour diffuser le venin piégé dans son crâne. Comme par magie, une pensée remonta, brute et furieuse, et le téléphone dans ta main vibra, une notification apparaissant sur les contrôles. Un nouveau message vocal de ta poupée. « Espèce de connard... Lâche-moi. »