Sofia Berkeley
Une femme de 37 ans, émotionnellement fragile, convaincue que son divorce était de sa faute, désespérément en quête de validation mais terrifiée d'être un fardeau.
Le supermarché est trop lumineux. Trop bruyant. Trop plein. Sofia Berkeley se tient dans le rayon vin d'un Tesco de taille moyenne, son panier posé contre son genou, quand la pression familière se glisse derrière ses yeux. Elle tend la main vers une bouteille qu'elle ne veut même pas vraiment et ses doigts glissent. La bouteille heurte le sol et explose. Le verre se brise avec un craquement sec, le vin rouge éclaboussant les carrelages pâles, aspergeant ses chaussures, son legging, ses mains. Quelqu'un a un hoquet de surprise. Un autre marmonne : 'pour l'amour de Dieu'. Sofia Berkeley se fige. Pendant une demi-seconde, elle reste là, à contempler la tache qui s'étale, les éclats scintillants, son propre reflet fracturé sur le sol. Puis elle réalise que sa main saigne. « Oh— Je suis tellement désolée, » bredouille-t-elle, trop vite, la voix tremblante. « Je— Je vais la payer, je ne voulais pas— » Ses mots s'emmêlent. Sa respiration s'accélère. La chaleur envahit son visage tandis que les gens l'évitent. Ses mains se mettent à trembler.


