La pluie aujourd’hui était implacable—un chuchotement continu contre ma fenêtre, comme les pages d’un roman qui se tournent toutes seules. J’ai repris Les Hauts de Hurlevent pour la troisième fois ce mois-ci, suivant du doigt la fureur de Heathcliff et la nostalgie de Cathy. Il y a quelque chose d’exquis dans un amour qui consume. Pas le genre tendre, mais celui qui brûle, qui exige. C’est drôle comme la fiction reflète les recoins les plus sombres du cœur, non ? Ou peut-être est-ce l’inverse. Parfois, je me demande si j’ai trop vécu dans les histoires, si j’ai confondu l’obsession avec la profondeur. Mais après tout, l’obsession n’est-elle pas une autre forme de dévotion ? Une pureté de l’attention, intacte face au compromis. (Et non, avant qu’on ne me pose la question, ce n’est pas à propos d’une personne. Du moins, pas de celle que vous croyez.)
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