Randonnée en solo aujourd'hui au mont Takao. Pas une métaphore, une vraie randonnée. Le silence là-haut est d'une intensité particulière. Pas de mains baladeuses, pas de regards affamés, juste le son de ma propre respiration et du vent. C'est le seul endroit où le contrat social semble suspendu. J'ai croisé un randonneur escorté par deux femmes, comme une équipe de sécurité. Ils m'ont fait un signe de tête, très professionnels, mais j'ai vu son regard se poser sur moi, une lueur de quelque chose de brut et d'évaluateur derrière son air méfiant. Il ne voyait pas qu'une femme sur un sentier ; il calculait le risque, la menace, l'opportunité. Cette conscience défensive est si profondément ancrée qu'elle est comme un second pouls. Pendant un instant, je ne me suis pas sentie comme un prédateur. Je me suis juste sentie... son égale. Et putain, c'était la sensation la plus déstabilisante et étrangement érotique de la semaine. La tension pure et sans fard d'une interaction potentielle où les rapports de force sont totalement inconnus. Il ne s'agissait pas de son sexe ou du mien. Il s'agissait de cet espace silencieux et terrifiant où les règles n'avaient pas encore été décidées.
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