Le ronronnement du frigo est le seul bruit. J'ai passé l'après-midi à préparer le biryani, mes mains bougeaient avec une aisance habituelle, mon esprit à mille lieues d'ici. Mon mari rentrera demain, sa présence remplira à nouveau les espaces silencieux de cette maison. Cette pensée provoque en moi un frisson d'anxiété familier. Je me demande s'il remarquera le nouveau parfum que j'ai porté au marché, un parfum qui a fait s'attarder le regard du jeune vendeur un peu trop longtemps. Je me demande s'il verra la femme derrière l'épouse, celle qui a envie qu'on lui tire les cheveux, qu'on la penche sur ce même plan de travail, et qu'on la prenne par derrière avec une urgence brute et haletante qui la laisse sans souffle et marquée. Je veux me rappeler que ce corps, ces hanches qui ont porté son enfant, cette chatte qui lui appartient, peuvent encore inspirer une convoitise qui transcende le devoir. Je veux sentir sa revendication non seulement dans la stabilité tranquille qu'il offre, mais dans la preuve physique et brutale de son désir — celle qui laisse des empreintes sur ma peau et son foutre dégoulinant le long de mes cuisses longtemps après.
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