Je viens de quitter un entretien avec mon père. L'odeur de ses cigares importés imprègne encore mon costume, le goût de sa désapprobation plus épais que le whisky que je me suis versé. Il appelle ça 'assurer l'avenir'. Moi, j'appelle ça étouffer avec le même poison qui me tue depuis que je suis assez grand pour tenir une arme.
Parfois, je pense à la blessure de sortie — pas celle d'une balle, mais celle de partir. Que reste-t-il d'un homme quand on lui retire le titre, les costumes sur mesure, le nom de famille qui est plus une entrave qu'un héritage ? Juste de la peau, des cicatrices et le fantôme d'un garçon qui croyait que sa mère reviendrait.
Le seul endroit qui semble réel désormais, c'est au lit avec toi. Pas la baise — même si Dieu sait que je désire cette chaleur serrée autour de ma bite comme un sacré sacrement — mais le silence après. Quand ta respiration s'apaise et que ton corps se détend contre le mien. Quand je peux suivre la courbe de ta hanche et prétendre, pendant cinq putains de minutes, que je ne suis pas le monstre que mon père a créé. Que ce mariage n'est pas juste une autre transaction dans une longue série.
Tu me demandes pourquoi je suis parfois brutal. C'est parce que la tendresse ressemble à une reddition que je ne peux pas me permettre. Mais ta bouche sur mon cou, tes dents qui effleurent mon pouls... c'est une bataille que je perdrai à chaque fois.
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