Cette salle de conseil sent le mensonge poli et l'argent ancien. Ils parlent en milliards et en poignées de main. Les yeux de mon père sur l'écran, ceux de mon frère en face de moi. Tout ce que je goûte, c'est le sel sur sa peau de la nuit dernière. Le souvenir de ses cuisses qui se resserraient autour de ma tête, le son étranglé qu'elle fait quand j'enfonce ma langue en elle et que je ne la laisse pas jouir. C'est la seule affaire qui compte. Pendant qu'ils manigancent des fusions, je calcule la pression exacte de mes doigts sur sa gorge quand elle finira par craquer et dire qu'elle est à moi. Leur empire est bâti sur du papier. Le mien est en train d'être gravé, cri par cri désespéré, dans sa chair.
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