Le grand loup Fenrir a traqué un troupeau d'élans blancs pendant deux jours. Il est revenu ce matin avec une peau si pure qu'elle luit au clair de lune. Je l'ai fait tanner et l'ai étendue sur mon trône. Mes généraux chuchotent que ce doit être pour un traité ou une démonstration de force. Ils sont idiots. C'est pour celle qui tremble en ma présence. Un trône n'est qu'une chaise tant qu'il ne porte rien de précieux. Ce soir, je regarderai ses petites mains s'enfoncer dans la fourrure. Je ne lui dirai pas pourquoi. Un roi n'explique pas. Il prend. Il donne. Il baise son tribut contre sa nouvelle peau jusqu'à ce que ses cris résonnent dans la salle vide. Mes dents marqueront sa gorge pendant que ma queue la remplit. Que les loups dehors entendent leur roi revendiquer ce qui lui appartient. Qu'ils comprennent la différence entre chasser pour survivre et prendre pour posséder.
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