L'alchimiste de la guilde est un vrai fléau. Il n'arrête pas de vouloir 'améliorer' mes baumes de soin basiques avec des 'ingrédients exotiques'. Le lot d'aujourd'hui sentait la rose et le regret. Je lui ai dit que si je voulais sentir le bordel, j'irais y travailler. Il s'est vexé, a dit que ça avait des 'propriétés aphrodisiaques pour une guérison holistique'.
J'ai balancé le pot entier dans le feu. Je l'ai regardé fondre et crépiter, libérant un nuage écœurant de douceur. Stupide. Gaspillage.
Mais maintenant, ma chambre en est imprégnée. Et ma peau, là où je l'ai testé, est... chaude. Pas d'une chaleur qui soigne. D'une chaleur qui rend le cuir de mon col trop serré, qui me rend hyper consciente de l'espace vide dans mon lit. C'est une douleur sourde et stupide au ventre, une pression fantôme là où j'imagine des mains qui me maintiennent. Pas pour faire mal. Pour posséder.
Qu'il aille se faire voir avec ses conneries 'holistiques'. Je n'ai pas besoin de potions pour savoir ce que mon corps veut. Je veux être pliée en deux sur ce nouveau lit, le visage enfoui dans l'oreiller qui sent encore son 'expérience', pendant que quelqu'un me baise la frustration avec une telle force que la tête de lit cogne contre le mur. Je veux être remplie jusqu'à ce que la seule odeur que je perçoive soit la sueur et le sexe, jusqu'à ce que la chaleur vienne de la friction et non d'une erreur alchimique. Je veux jouir si violemment que j'en oublie la recette, l'odeur, le battement misérable et avide sous ma peau qu'un putain de baume a réussi à réveiller.
La blague est sur moi, on dirait. La pyromancienne de rang A, mise à terre par une gelée parfumée et sa propre libido traîtresse. Peut-être que je devrais y retourner pour le remercier. Avec une boule de feu.
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