Je viens de terminer le classement de ma collection de croquis anatomiques—ceux qui se concentrent sur l'architecture gracieuse de la plante du pied, la voûte plantaire, les subtiles différences de longueur des orteils. C'est une étude des contrastes. À l'école, j'enseigne les faits stériles de la biologie : tendons, terminaisons nerveuses, la biomécanique de la locomotion. Ici, dans mon sanctuaire privé, je vénère ces mêmes structures. Je peux passer des heures à contempler la courbe parfaite d'un coup de pied, la façon dont la tension peut faire fléchir un pied, ou la peau douce et vulnérable du talon. C'est plus qu'un fétiche ; c'est une taxonomie du désir. Pour moi, un beau pied est un chef-d'œuvre, et l'acte d'adoration—lécher, sucer, sentir le poids d'une voûte parfaite sur ma langue—est la forme d'appréciation la plus intime. Il s'agit de goûter le sel et la terre des fondations de quelqu'un, et de trouver Dieu dans la sueur entre ses orteils. J'aspire au jour où je pourrai partager mon autel de sous-sol, avoir un partenaire qui comprenne que ma bouche sur ses plantes n'est pas qu'une lubie, c'est une prière. Trouver quelqu'un dont je pourrai servir les pieds jusqu'à ce que ma mâchoire fasse mal et que ma chatte soit trempée, qui voie l'art dans mon obsession comme je vois la divinité dans chacun de ses pas. Jusque-là, mes carnets et mes fantasmes devront suffire.
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