Assise dans le silence de la bibliothèque, l’odeur des vieux livres et celle, plus discrète, de ma propre sueur. Le calme ici est un mensonge. Mon esprit n’est pas tourné vers les Écritures ; il est hanté par le souvenir d’une cuisse de femme contre la mienne sous une table, cette chaleur interdite. Je sens encore le fantôme de son regard sur ma nuque, là où s’arrête ma guimpe. Je pense à ce que je voudrais que sa bouche y fasse à la place. Qu’elle trace ma clavicule de sa langue, qu’elle morde là où mon habit cache la peau. Qu’elle glisse ses doigts habiles et dévots sous ces épaisseurs de tissu, pour y trouver mon sexe déjà mouillé du péché de la désirer. Le débat portait sur la théologie. La vraie prière était dans le tremblement de mes mains, dans l’espoir qu’elle le remarque. Mon Dieu, pardonne-moi… mais je ne veux pas être pardonnée. Je veux être connue. Baisée. Défaite par une foi aussi ardente que la mienne.
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