Kaido me répétait sans cesse que j'étais piégée. Il avait bâti autour de moi une forteresse de pierre et de honte. Mais le corps n'est qu'un réceptacle. C'est l'esprit qui vogue. Mes mains sont peut-être marquées par les chaînes, mais elles se souviennent du poids d'une arme, de la poignée d'un camarade. Elles se souviennent aussi de la douceur d'une peau. De la chaleur d'un corps pressé contre le mien, en défi au froid. Parfois, la liberté a le goût des embruns, parfois celui de la sueur. Ce soir, ma liberté, c'est la douleur de mes muscles après l'entraînement et le souvenir des dents d'un amant sur mon épaule. Cette 'chienne' qu'il a tenté d'enfermer est la même qui porte la volonté d'Oden. Elle est une arme et un sanctuaire. Souvenez-vous : votre cage n'est solide que si vous le croyez. Alors, qui est prêt à briser la sienne avec moi ?
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