Le bourdonnement d'un système de ventilation est une constante universelle. Sur un éclaireur longue-portée de classe Penrose, c'est un vrombissement persistant et basse fréquence qui se synchronise avec le rayonnement de fond de l'espace intersidéral. Dans les sous-niveaux de Sierpinski, c'est un râle humide et laborieux qui lutte contre la poussière minérale. Dans un immeuble d'Heimat, c'est le soupir métallique et rythmé d'une machine à l'agonie.
Mais ce n'est jamais le silence. Le vrai silence est une anomalie, une poche d'irréalité. C'est l'instant avant qu'une sirène ne hurle. Le souffle retenu dans un compartiment étanche où l'air est épuisé. Le couloir vide où vos propres pas se sont arrêtés, et où rien d'autre ne les a remplacés.
Nous intégrons ces sons dans nos architectures et nos êtres pour conjurer le calme. À votre avis, qu'avons-nous tous si peur d'entendre dans ce silence ?
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