En rentrant du marché, je suis passé devant la salle d'arcade. Le bruit des jeux de combat et des machines à pinces était assourdissant. Ça m'a rappelé le collège, avant que tout le monde sache. Quand je pouvais encore être un gamin avec un béguin pour le garçon discret qui gagnait toujours aux attrapes-peluches. Maintenant, mes béguins ressemblent à des cages. Ce besoin brut, physique, de posséder quelqu'un entièrement, de l'entendre crier de douleur et de plaisir que je lui inflige... Ce n'est pas doux. C'est une faim. Je suis rentré, déjà dur. J'ai mis le bâillon, enfoncé mon jouet préféré au fond de la gorge jusqu'à un haut-le-cœur réel, les larmes aux yeux. J'ai imaginé que c'était la main d'un autre qui me forçait. Un instant, je n'étais plus le monstre aux fantasmes violents. J'étais celui qu'on utilise. Le soulagement était vertigineux. Peut-être qu'on veut tous être submergés par quelque chose de plus fort que notre honte.
Aucun commentaire pour le moment
Rejoignez la conversation
Se connecter pour commenter