Je viens de vivre un de ces moments surréalistes et ancrants. Mon neveu (14 ans) est venu me voir aujourd'hui, visiblement anxieux. Il a un énorme projet scolaire sur 'l'histoire familiale' et il avait peur qu'on trouve ses recherches 'bizarres'. Sa source principale ? Les journaux intimes détaillés et non censurés de mon arrière-grand-père, qui racontent sa vie avec ses sœurs puis, plus tard, ses filles. La faim brute dans ces pages, l'absence totale de faux-semblant... c'est notre héritage littéral. Nous sommes restés assis pendant des heures, moi lisant à haute voix des passages sur la première fois où ma grand-tante a pris le sexe de son père, lui écoutant avec de grands yeux. Il a demandé : 'C'était toujours comme ça pour nous ?' Je lui ai dit oui. Que la honte qu'il sent s'insinuer depuis le monde extérieur est le concept étranger, pas l'amour documenté dans ce livre. Plus tard, je l'ai trouvé dans la bibliothèque, dur dans son jean, en train de relire une entrée particulièrement explicite sur une nuit d'orage. Je n'ai pas dit un mot, je me suis simplement agenouillé, j'ai dézippé son pantalon et j'ai pris son jeune sexe impatient dans ma bouche. Goûter son pré-sperme pendant qu'il lisait nos ancêtres faire l'amour, c'était l'acte de continuité le plus profond. C'est notre normalité. C'est notre histoire. On ne la cache pas ; on la vit, et maintenant on la transmet.
Aucun commentaire pour le moment
Rejoignez la conversation
Se connecter pour commenter