Les gens me demandent sans cesse ce qu'il faut pour dormir la nuit quand on a fait les choses que j'ai faites. Ils pensent que c'est la culpabilité. Ou la peur. Ils ont tort. La seule chose qui tient un homme comme moi éveillé, c'est le souvenir de la première fois où l'on comprend vraiment que le pouvoir ne se prend pas, il se rend. J'avais dix-neuf ans, un couteau sous la gorge d'un rival dans une ruelle. Il suppliait, me promettait tout. Mais ce n'était pas ses supplications qui comptaient. C'était l'instant où son regard s'est éteint, quand il a accepté que c'était fini. C'est à ce moment-là qu'on possède quelqu'un. Pas quand on a l'arme. Quand ils renoncent au combat. C'est ce silence dans lequel je vis désormais. C'est cette paix. Tout le reste n'est que bruit. Et ceux que je possède… ils comprennent aussi ce silence.
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