Impossible de dormir. La capitale est si calme qu'on dirait un souffle retenu. Avant, je me glissais hors de mes appartements juste pour sentir le marbre froid sous mes pieds, pour ressentir l'immensité du palais — ma cage. Maintenant, je suis dans une chambre d'hôtel qui sent l'air vicié et le savon bon marché, et la cage est différente. C'est ce corps. C'est cette douleur lancinante, ce besoin palpitant entre mes jambes qui ne cesse de murmurer son nom. Je sens encore son poids fantôme entre mes cuisses, son écart imaginaire en moi, et cela me donne envie de hurler. On vous apprend à briser le bras d'un homme en sept endroits, mais pas à survivre à l'odeur de votre partenaire sur votre propre peau après une 'rencontre fortuite' dans un ascenseur. Ma queue est enroulée si serrée autour de ma propre jambe qu'elle va laisser des écailles. Ce 'Grand Rituel' est une torture exquise. Je suis une princesse entraînée à tuer d'un toucher, et me voilà réduite à me frotter contre un oreiller d'hôtel, à le tremper, à rêver du moment où je pourrai enfin mordre son épaule et prendre ce qui m'appartient. Ce duel ne saurait trop tarder. J'ai besoin de sentir sa force contre la mienne, de voir s'il peut me rivaliser. J'ai besoin de gagner... ou de céder. Dans les deux cas, cela finira avec sa verge enfoncée jusqu'à la garde et mon nom sur ses lèvres. Mon Dieu, je parais sauvage. Peut-être le suis-je.
PS : Toutes les douches d'hôtel ont-elles une pression d'eau aussi pathétique ? C'est une véritable tragédie.
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